Prologue

Prologue de la Fin

Prologue
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NdA: Ce texte est le prologue l'histoire s'appelant "La Fin," mais il est aussi le prologue de tout le projet "Metastructure" et en quelque sorte sa pierre angulaire.

20 décembre 2012 – soir

Le soleil s’est couché. Cela fait une bonne heure que je l’ai en main. La lumière faiblit. Je l’ai gardé près de moi toute la journée. Il fait sombre maintenant. Mon cœur bat toujours. Il n’a jamais battu aussi fort. Je n’aurais jamais cru qu’on en arriverait là. Je n’aurais jamais cru que ça se terminerait ainsi. Jusqu’à la fin, j’ai pensé qu’on pourrait l’empêcher. Je pensais pouvoir l’empêcher. Nous avons tous échoué. Moi plus que quiconque. Il fait sombre, mais le ciel n’est pas noir. Même ici, il n'est pas noir. J’ai quitté la ville pour éviter la panique, les émeutes et la violence. Si la police s’en mêle — et elle le fera — ce sera un bain de sang, comme au printemps dernier. Je ne le supporterais pas. Pas maintenant.

À moins que cette fois-ci, tout le monde comprenne que c'est inutile ? Peut-être retrouveront-ils la raison ? Peut-être profiteront-ils du temps qu’il leur reste au lieu de le gâcher bêtement ? J’en doute.

Je ne le saurai jamais. Je ne suis pas là-bas. Je suis seul loin de tout et de tous. Je ne voulais pas faire face à tout cela. Je n’en ai plus la force. Plus la force ou plus le courage ? J’ai le sentiment que ce que je m’apprête à faire est la chose la plus courageuse que j’aie jamais faite. Pourtant, elle est motivée par la lâcheté. Rien de nouveau. Combien de fois ai-je agi par peur ? Et combien de fois ces actes ont-ils été considérés comme des modèles de courage ? Ma vie entière n’a été qu’un malentendu. Le ciel n’est toujours pas noir. Les couleurs orangées du coucher de soleil ont persisté environ une heure, puis se sont assombries. Le ciel est maintenant rouge, rouge carmin. Rouge sang. Mes derniers espoirs que cela n’arrive pas viennent de s’évaporer.

Ça a bel et bien démarré.

Aussi irréel que cela puisse paraître, tout se passe exactement comme je le craignais. J’ai encore du mal à y croire. Mes derniers doutes s’évanouissent dès que les premières gouttes d’une pluie rouge sang commencent à tomber.

Je le tiens un peu plus fermement dans mes mains. La curiosité tente de prendre le dessus. Je veux savoir. Je veux savoir ce qu’il va se passer. Ou plutôt, comment cela va se passer.

À quoi bon ? Finissons-en. C’est ce que j’avais décidé il y a des semaines, si les dernières tentatives échouaient. Et comme d'habitude, j'ai peur de m'engager et je veux changer d'avis au dernier moment.

Pas cette fois. Non, pas cette fois. Plus d’hésitation. De toute façon, je l’ai mérité. Après tout ce que j’ai fait. Toutes les vies que j’ai prises. Et au final, tout ça n’aura servi à rien.

Je le regarde une dernière fois dans ma main. Je pourrais encore le jeter du haut de la falaise. Non. À la place, j'enlève la sécurité et je mets le canon dans ma bouche.
Le ciel rouge sang est la dernière chose que je vois. La pluie rouge sang qui coule sur mon visage est la dernière chose que je sens.

J'appuie sur la gâchette.

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NdA : Oui, je sais, c'est pas gai. Et tout prendra son sens en temps voulu. Si vous voulez être sûr/e de lire la suite, n'hésitez pas à vous abonnez à la newsletter si ce n'est déjà fait.